Actualités - 09.04.2019 - 09:42

Sortie en salles : PARAJOS DE VERANO (Les Oiseaux de passage), réalisé par deux réalisateurs issus de l’Atelier.

Cristina Gallego and Ciro Guerra, participants à l’Atelier lors du 60ème Festival de Cannes présentent leur nouveau long-métrage « Parajos de verano » (Les Oiseaux de passage).

Dans les années 1970, en Colombie, une famille d’indigènes Wayuu se retrouve au cœur de la vente florissante de marijuana à la jeunesse américaine. Quand l’honneur des familles tente de résister à l’avidité des hommes, la guerre des clans devient inévitable et met en péril leurs vies, leur culture et leurs traditions ancestrales. C’est la naissance des cartels de la drogue.

 

ENTRETIEN AVEC CIRO GUERRA ET CRISTINA GALLEGO :

 

LES OISEAUX DE PASSAGE raconte, selon vous, une histoire allégorique, qui fait allusion à la Colombie dans son intégralité et pas seulement à ce coin aride du nord du pays ?

Ciro Guerra Absolument. La bonanza marimbera est l’histoire originelle, le point de départ de ce phénomène dans notre société et dans nos vies. En tant que telle, elle rendait possible une réflexion qu’on estimait nécessaire, particulièrement aujourd’hui. Cette histoire avait un potentiel pour dépasser l’anecdote et atteindre quelque chose de plus profond.

 

Cristina Gallego C’est une métaphore de notre pays, une tragédie familiale qui devient aussi une tragédie nationale. En parlant du passé, elle nous permet de mieux comprendre où nous en sommes aujourd’hui en tant que pays…

 

À quoi répond le choix de coréaliser le film ?

Ciro Guerra Avec Cristina, nous avons entamé un processus de collaboration qui s’est approfondi dans chacun des films qu’on a tournés ensemble. Dans L’ÉTREINTE DU SERPENT, son point de vue avait eu une forte incidence sur le plan créatif. Franchir ce pas a donc été tout à fait naturel. Cristina a participé à tous les choix de mise en scène, au travail avec les comédiens, au ton et à l’esprit du film… Il n’y a pas eu une répartition des tâches, comme c’est parfois le cas dans les films coréalisés. En outre, c’était une histoire dans laquelle nous souhaitions insérer un point de vue féminin très affirmé.

 

D’après vous, à quel genre appartient le film ?

Ciro Guerra Pour moi, c’est un film noir, un film de gangsters. Mais il peut aussi être à la fois un western, une tragédie grecque et un conte de Gabriel García Márquez. D’une certaine façon, les genres sont devenus les archétypes mythiques de notre temps. Depuis la nuit des temps, l’être humain a essayé de se servir du mythe pour donner un ordre et un sens à une existence chaotique et dont le sens nous échappe. C’est la fonction des genres aujourd’hui : ils prédéterminent notre compréhension du monde et nous annoncent dans quel territoire une histoire va se déplier. À ce propos, je me suis toujours identifié aux conteurs des civilisations premières. Nous faisons la même chose que ce qu’ils faisaient dans leurs caves il y a 30.000 ans : se servir d’ombres et de lumières pour raconter une histoire.

 

Cristina Gallego La culture que nous décrivons dans le film, les wayuu, a des codes qui ne sont pas très éloignés de ceux des gangsters. Il existe un personnage, le palabrero, avec un rôle similaire de celui du consigliere dans la mafia. C’est un genre qui plait beaucoup autour du monde, mais que notre cinéma s’est souvent interdit. En Colombie, on a du mal à s’en emparer à cause des ravages de notre histoire récente…

 

 

En salles le 10 avril 2019. Avec Carmiña Martínez, Jose Acosta, Jhon Narvaez, Natalia Reyes, Jose Vicente Cotes, Juan Martínez, Greider Meza.

LES OISEAUX DE PASSAGE
LES OISEAUX DE PASSAGE
Partager l'article
  • Lien copié

    Faîtes CTRL+C pour copier.